Un tour dans le jardin confiné

Le confinement, si on me l’avait dit je ne l’aurais pas cru!
On a tous entendu parlé d’un nouveau virus au début de cette année, alerte lancé par un docteur chinois on ne sait trop ou. Traitement classique d’un lanceur d’alerte … tais toi!
J’écoutais d’une oreille  la radio, puis début février Li Wenliang le dit docteur meurt de ce virus! Je me souviens apprendre la nouvelle à la radio au volant de ma voiture. La pour le coup ça m’a interloqué d’avantage et un petit frisson m’a parcouru le dos un instant.
Quelques semaines plus tard le monde des hommes est en stand-by. 
Dans ma commune de l’île de la Réunion on est même sous le coup d’un couvre feu. 
Je suis d’ordinaire un écolo convaincu qui a le temps et le loisir de l’être et espérais secrètement qu’il advienne quelque chose qui amène les hommes à une prise de conscience. Une catastrophe naturelle, un accident industriel majeur, un crack boursier ou que sais-je. Un événement qui nous remettrait en question ou au moins certains d’entre nous! Juste de quoi voir que le mur vers lequel on court de plus en plus vite, est de plus en plus haut et épais! 
En quelques jours tout s’est arrêté c’est juste hallucinant! 
La surprise pour tout le monde, alors que ça nous pendait au nez depuis un moment mais on a tous été pris de court. Les dirigeants sont perdus notre modèle doit changer mais personne ne sait faire autrement nos ministres et présidents nous parlent toujours du retour de la croissance comme si ça nous rassurait. J’espère ne pas être le seul sur terre à ne pas vouloir de cette sacro-sainte croissance dévastatrice. L’avenir nous le dira.
  C’est une période charnière que nous vivons la, même si je n’y place pas grand espoir face à la bêtise des gens. 
Qui sera capable de dire haut et fort que cette pandémie est totalement de la faute de notre modèle? De notre faute. On saccage la planète dans son entièreté même les virus ne savent plus ou aller et finissent par nous monter dessus. J’espère quand même que ce premier avertissement sera pris en compte dans l’inconscient collectif soyons fous!
En prenant du recul je ne crois pas que le covid-19 soit un virus mais plutôt un anticorps du système terre qui lutte contre les virus que nous sommes. 
C’est une vue d’esprit mais l’humanité détruit bien son hotte chaque jour d’avantage non?
Au cours de la leçon que nous sommes en train d’apprendre il y a malheureusement beaucoup de morts mais en retiendrons nous quelque chose? Allons nous changer quelque chose?

Nous sommes donc en confinement, 
je me rappelle de mon 35m² parisien et remercie « le ciel » de ne pas être bloqué la dedans pour des mois. Il y a bien pire ailleurs dans le monde ce ne doit vraiment pas être facile!
 Je reconnais volontiers être un privilégié.
D’ordinaire on est loin de tout, perché sur une montagne au bout d’une route sinueuse au possible. Pas grand monde de mon entourage (ou de manière générale) n’était enthousiaste à l’idée de vivre dans mon coin. Avec des: « oui mais la ville c’est mieux tout est la disponible facilement, la haut il fait froid, il y a que des paysans, c’est trop loin » etc.. 
Aujourd’hui ce n’est plus le même son de cloche. Habiter en montagne c’est une autre organisation, une autre façon d’appréhender la vie et de fait on est plus préparé à ce qui se passe. Dans mon village rien n’a concrètement changé personne ne s’est jeter à corps perdu dans les grandes surfaces du jour au lendemain pour du pq, des œufs ou autre… On fait comme d’habitude, les oeufs les légumes , les brèdes etc sont dans la cour on crèvera pas de faim dans la semaine. Les grandes surfaces peuvent attendre encore un peu..Je ne dis pas qu’on est autonome soyons clair mais juste moins dépendant.
Il n’empêche que je n’ai aucune idée de la façon dont on va bien pouvoir sortir de ce bourbier!

Pour l’heure je suis comme tout le monde, cloîtré chez moi. Cependant j’ai cette chance: j’ai de la place ce qui reste un sacré privilège.
Il a beaucoup plu ces dernières semaines tous les après midi et la végétation d’été me donne du fil à retordre, ça pousse plus vite que je ne coupe (vivement l’hiver), en même temps ça occupe et ça entretien le physique=)
 
Si on sortait faire un tour dehors pour nous changer les idées… 
Commençons par le haut du terrain pas loin de la maison ou c’est chouette de prendre un café ou juste passer du temps a regarder ce que font les poules, chiens et chats
En face il y a la maison
je ne reste jamais longtemps seul dehors il y a toujours des bestioles qui viennent me coller =)
Je me rapproche un peu de la maison
petit focus sur une jardinière
Une autre jardinière c’est le fouillis mais la dedans aussi il y a de quoi manger si besoin (des songes)
dans mon dos il y a ceci pour la porte au fond j’en parlerai le moment venu sur unemaisonsuruneile.re 
Ce jour la pas de jardinage, j’ai ramené le camping -car devant la maison pour le nettoyer un peu, je m’en sers comme bureau extérieur lol ou pour écouter de la musique et y faire une bonne sieste. Pendant les vacances scolaire c’est aussi le dortoir et point de ralliement des mes neveux:
  En voila un que l’ennui n’inquiète pas
Avant d’aller au fond de la cour restons autour de la maison cette fois ci à l’arrière coté atelier ou c’est presque ingérable avec mon jacquier. Il est devenu énorme et me lâche des brouettes et des brouettes de feuilles chaque jour c’est juste infernale =) Je ne l’ai pas encore élagué cette année car il n’arrête plus de donner des fruits que je distribue et qu’on mange. Alors je suis de corvée de feuille non stop et c’est le bordel! je suis même obligé de mettre un petit grillage pour éviter que ça ne rentre trop dans l’atelier (bon les poules aussi hihi=)
  Face à l’atelier il y a moins de feuilles quand même 
Maintenant passons ce petit portillon qui sépare les brahmas des autres poules pays (elles ne s’entendent pas) et on repasse de l’autre coté
On repasse devant la maison et on va vers le potager derrière le mur que l’on voit
Petit coup d’œil sur notre gauche avant de descendre on voit le poulailler principale 
A la base on voulait  prendre à peu près 400m² pour le potager mais j’ai gardé un coin pour y garer le camping-car et il y a un petit enclos au fond à gauche pour y loger des coqs qui sont de trop mais on arrive pas a les tuer donc…Le potager doit faire 300m² clôturé et on en utilise même pas la moitié pour le moment 
Comme il y avait de la pelouse partout on grignote au fur et à mesure. C’est pas évident à enlever le gazon=)
On a même planté du piment (ici piment le diable). Je me suis mis en tête d’apprendre à en manger durant le confinement=) Un créole qui n’en mange pas du tout c’est peu commun. C’est pas mauvais pour la santé en plus donc je m’arrache la bouche tous les soirs en ce moment, je vais arriver à m’y faire! Au début c’est bon et parfumé mais au bout de quelques secondes je prends encore feu lol
Ça ne se verra pas mais les pieds sont chargés de piments 
mise à part ça on a aussi en fonction de ce que l’on transplante les classiques salades,betteraves,  aubergines,carottes  patates etc mais aussi des poires de terre blette, brede en tout genre, poireaux, maïs, patate douce, épinard, persil, thé hibiscus, tout un tas de  trucs selon la période et j’en oubli lol
    Assez régulièrement on ne mange uniquement que des trucs qui viennent de la cour sauf le riz, les oignons et les tomates! Bon le riz c’est pas possible, et les oignons on est en train d’essayer on verra. Par contre les tomates j’y arrive pas ‘( trop froid et trop humide ça ne marche pas. Alors que sur mon balcon dans un sac de terreau j’étais envahi pff On finira par tenter de faire une petite serre pour voir mais avec les cyclones pas évident …à suivre…   
En reprend notre petit tour et on repart on va se faufiler à droite pour aller vers le grand portail, on peut voir un pin bleu que j’ai planté il y a peut être 4 ans il faisait 50cm, il a bien grossi 
Maintenant on est coté portail (sur notre gauche) ,pour une autre vue le potager est tout au fond en face. On a tenter un pied de litchi au milieu de la photo il ne donnera pas à notre altitude mais il pousse doucement, il reste tout petit=) et juste derrière un tout petit oranger…patience 
On se retourne pour aller à droite vers les mastodontes coté fruitier, il y a mandarine, citron, goyave (3 variétés), bigarade, cerisier et c’est bientôt la saison on va être submergé cette année. (il n’y a pas eu de cyclone, contrairement à l’année dernière)Lui pied de goyave c’est le plus gros et pourtant il lui manque une moitié (à droite) l’année dernière un cyclone a cassé une énorme branche (un tronc presque) ça m’a fait mal au cœur. Il doit s’approcher du siècle d’existence il en a vu d’autre mais a pris un sacré coup quand même.  Je n’arrive pas à m’y résoudre mais il faudrait que je l’élague un peu=/
 On passe derrière les fruitiers   
Ici on est derrière le poulailler il y a des goyaviers, francisceas, camélias, bois de noël etc mais la pas de fleur encore. C’est un coin qu’on utilise pas en fait c’est un peu le foutoir d’ailleurs hihi Il y a d’autres petits passages mais quand il fait grand soleil comme ça j’aime bien me poser à l’ombre iciVoilà pour ma balade quotidienne ‘confiné ou pas)après le café, je tourne je vire pendant 1/4 d’heure 20min de quoi dégourdir les jambes avant de commencer la journée.  C’est vraiment agréable. 
J’ai donc cette chance d’avoir un confinement pas vraiment pénible.
Mais il y a aussi une contre partie je vous présente ma meilleur copine En été chaque semaine on s’envoie 15km en moyenne tous les deux=) juste pour le gazon!
J’ai aussi ça tous les 15 joursje dois prendre mon taille haie et faire toutes les haies et buissons de troène, vanillier de Cayenne, lierre etc  il y en a pléthore..puis la tronçonneuse, la débroussailleuse etc…
 En été je n’ai pas le temps de baisser la garde sinon en 10 jours c’est littéralement la marrée verte et c’est des semaines de boulot pour rattraper le retard!!
Voilà pour mon petit coin de paradis 
Je vous souhaite le meilleur confinement possible
Ça m’a fait très plaisir de revenir sur mon petit blog ça faisait longtemps! 
A plus tard…


3 Commentaires

  1. Magnifique visite!
    qu’est ce que c’est vertttt !
    Je suis arrivée ici d’abord en visitant votre magnifique terrasse jungle et je finis sur votre beau terrain sur les hauteurs…waou!

  2. Superbe visite, mille mercis ! As-tu toujours ta ruche ?
    Une femme a dit des choses, c’est elle :
    Texte poignant de Coline Serreau qui ne mâche pas ses mots…

    Dimanche 22 mars. Coline Serreau, réalisatrice de Trois hommes et un couffin, mais aussi de films visionnaires, écolos, humanistes et généreux comme La belle verte ou La crise.

    LE MONDE QUI MARCHAIT SUR LA TÊTE EST EN TRAIN DE REMETTRE SES IDÉES A L’ENDROIT

    par Coline Serreau

    Le gouvernement gère l’épidémie comme il peut… mais les postures guerrières sont souvent inefficaces en face des forces de la nature. Les virus sont des êtres puissants, capables de modifier notre génome, traitons-les sinon avec respect, du moins avec modestie.

    Apprenons à survivre parmi eux, à s’en protéger en faisant vivre l’espèce humaine dans des conditions sanitaires optimales qui renforcent son immunité et lui donnent le pouvoir d’affronter sans dommage les microbes et virus dont nous sommes de toute façon entourés massivement, car nous vivons dans la grande soupe cosmique où tout le monde doit avoir sa place. La guerre contre les virus sera toujours perdue, mais l’équilibre entre nos vies et la leur peut être gagné si nous renforçons notre système immunitaire par un mode de vie non mortifère.

    Dans cette crise, ce qui est stupéfiant c’est la rapidité avec laquelle l’intelligence collective et populaire se manifeste.

    En quelques jours, les français ont établi des rites de remerciement massivement suivis, un des plus beaux gestes politiques que la France ait connus et qui prolonge les grèves contre la réforme des retraites et l’action des gilets jaunes en criant haut et fort qui et quoi sont importants dans nos vies.

    Dans notre pays, ceux qui assurent les fonctions essentielles, celles qui font tenir debout une société sont sous-payés, méprisés. Les aides-soignantes, les infirmières et infirmiers, les médecins qui travaillent dans les hôpitaux publics, le personnel des écoles, les instituteurs, les professeurs, les chercheurs, touchent des salaires de misère tandis que des jeunes crétins arrogants sont payés des millions d’euros par mois pour mettre un ballon dans un filet.

    Dans notre monde le mot paysan est une insulte, mais des gens qui se nomment « exploitants agricoles » reçoivent des centaines de milliers d’euros pour faire mourir notre terre, nos corps et notre environnement tandis que l’industrie chimique prospère.

    Et voilà que le petit virus remet les pendules à l’heure, voilà qu’aux fenêtres, un peuple confiné hurle son respect, son amour, sa reconnaissance pour les vrais soldats de notre époque, ceux qui sont prêts à donner leur vie pour sauver la nôtre alors que depuis des décennies les gouvernements successifs se sont acharnés à démanteler nos systèmes de santé et d’éducation, alors que les lobbies règnent en maîtres et arrosent les politiques avec le fric de la corruption.

    Nous manquons d’argent pour équiper nos hôpitaux, mais bon sang, prenons l’argent où il se trouve, que les GAFA payent leurs impôts, qu’ils reversent à la société au minimum la moitié de leurs revenus. Car après tout, comment l’ont-ils gagné cet argent ? Ils l’ont gagné parce qu’il y a des peuples qui forment des nations, équipées de rues, d’autoroutes, de trains, d’égouts, d’électricité, d’eau courante, d’écoles, d’hôpitaux, de stades, et j’en passe, parce que la collectivité a payé tout cela de ses deniers, et c’est grâce à toutes ces infrastructures que ces entreprises peuvent faire des profits. Donc ils doivent payer leurs impôts et rendre aux peuples ce qui leur est dû.

    Il faudra probablement aussi revoir la question de la dette qui nous ruine en enrichissant les marchés financiers. Au cours des siècles passés les rois de France ont très régulièrement décidé d’annuler la dette publique, de remettre les compteurs à zéro.

    Je ne vois pas comment à la sortie de cette crise, quand les comptes en banque des petites gens seront vides, quand les entreprises ne pourront plus payer leurs employés qui ne pourront plus payer les loyers, l’électricité, le gaz, la nourriture, comment le gouvernement pourra continuer à gaspiller 90% de son budget à rembourser une dette qui ne profite qu’aux banquiers.

    J’espère que le peuple se lèvera et réclamera son dû, à savoir exigera que la richesse de la France, produite par le peuple soit redistribuée au peuple et non pas à la finance internationale. Et si les autres pays font aussi défaut de leur dette envers nous, il faudra relocaliser, produire de nouveau chez nous, se contenter de nos ressources, qui sont immenses, et détricoter une partie de la mondialisation qui n’a fait que nous appauvrir.

    Et le peuple l’a si bien compris qu’il crie tous les soirs son respect pour ceux qui soignent, pour la fonction soignante, celle des mères, des femmes et des hommes qui font passer l’humain avant le fric.

    Ne nous y trompons pas, il n’y aura pas de retour en arrière après cette crise.

    Parce que malgré cette souffrance, malgré ces deuils terribles qui frappent tant de familles, malgré ce confinement dont les plus pauvres d’entre nous payent le plus lourd tribut, à savoir les jeunes, les personnes âgées isolées ou confinées dans les EHPAD, les familles nombreuses, coincés qu’ils sont en ville, souvent dans de toutes petites surfaces, malgré tout cela, le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l’endroit.

    Où sont les vraies valeurs ? Qu’est-ce qui est important dans nos vies ?

    Vivre virtuellement ? Manger des produits issus d’une terre martyrisée et qui empoisonnent nos corps ?

    Enrichir par notre travail ceux qui se prennent des bonus faramineux en gérant les licenciements ?

    Encaisser la violence sociale de ceux qui n’ont eu de cesse d’appauvrir le système de soin et nous donnent maintenant des leçons de solidarité ?

    Subir une médecine uniquement occupée à soigner les symptômes sans se soucier de prévention, qui bourre les gens de médicaments qui les tuent autant ou plus qu’ils ne les soignent ? Une médecine aux ordres des laboratoires pharmaceutiques ?

    Alors que la seule médecine valable, c’est celle qui s’occupe de l’environnement sain des humains, qui proscrit tous les poisons, même s’ils rapportent gros. Pourquoi croyez-vous que ce virus qui atteint les poumons prospère si bien ? Parce que nos poumons sont malades de la pollution et que leur faiblesse offre un magnifique garde-manger aux virus.

    En agriculture, plus on cultive intensivement sur des dizaines d’hectares des plantes transformées génétiquement ou hybrides dans des terres malades, plus les prédateurs, ou pestes, les attaquent et s’en régalent, et plus il faut les arroser de pesticides pour qu’elles survivent, c’est un cercle vicieux qui ne peut mener qu’à des catastrophes.

    Mais ne vous faites pas d’illusions, on traite les humains les plus humbles de la même façon que les plantes et les animaux martyrisés.

    Dans les grandes métropoles du monde entier, plus les gens sont entassés, mal nourris, respirent un air vicié qui affaiblit leurs poumons, plus les virus et autres « pestes » seront à l’aise et attaqueront leur point faible : leur système respiratoire.

    Cette épidémie, si l’on a l’intelligence d’en analyser l’origine et la manière de la contrer par la prévention plutôt que par le seul vaccin, pourrait faire comprendre aux politiques et surtout aux populations que seuls une alimentation et un environnement sains permettront de se défendre efficacement et à long terme contre les virus.

    Le confinement a aussi des conséquences mentales et sociétales importantes pour nous tous, soudain un certain nombre de choses que nous pensions vitales se révèlent futiles. Acheter toutes sortes d’objets, de vêtements, est impossible et cette impossibilité devient un bonus : d’abord en achetant moins on devient riches.

    Et comme on ne perd plus de temps en transports harassants et polluants, soudain on comprend combien ces transports nous détruisaient, combien l’entassement nous rendait agressifs, combien la haine et la méfiance dont on se blindait pour se préserver un vague espace vital, nous faisait du mal.

    On prend le temps de cuisiner au lieu de se gaver de junk-food, on se parle, on s’envoie des messages qui rivalisent de créativité et d’humour.

    Le télétravail se développe à toute vitesse, il permettra plus tard à un nombre croissant de gens de vivre et de travailler à la campagne, les mégapoles pourront se désengorger.

    Pour ce qui est de la culture, les peuples nous enseignent des leçons magnifiques : la culture n’est ni un vecteur de vente, ni une usine à profits, ni la propriété d’une élite qui affirme sa supériorité, la culture est ce qui nous rassemble, nous console, nous permet de vivre et de partager nos émotions avec les autres humains.

    Quoi de pire qu’un confinement pour communiquer ? Et pourtant les italiens chantent aux balcons, on a vu des policiers offrir des sérénades à des villageois pour les réconforter, à Paris des rues entières organisent des concerts du soir, des lectures de poèmes, des manifestations de gratitude, c’est cela la vraie culture, la belle, la grande culture dont le monde a besoin, juste des voix qui chantent pour juguler la solitude.

    C’est le contraire de la culture des officines gouvernementales qui ne se sont jamais préoccupées d’assouvir les besoins des populations, de leur offrir ce dont elles ont réellement besoin pour vivre, mais n’ont eu de cesse de conforter les élites, de mépriser toute manifestation culturelle qui plairait au bas peuple.

    En ce sens, l’annulation du festival de Cannes est une super bonne nouvelle.

    Après l’explosion en plein vol des Césars manipulés depuis des années par une maffia au fonctionnement opaque et antidémocratique, après les scandales des abus sexuels dans le cinéma, dont seulement une infime partie a été dévoilée, le festival de Cannes va lui aussi devoir faire des révisions déchirantes et se réinventer. Ce festival de Cannes qui déconne, ou festival des connes complices d’un système rongé par la phallocratie, par la corruption de l’industrie du luxe, où l’on expose complaisamment de la chair fraîche piquée sur des échasses, pauvres femmes porte-manteaux manipulées par les marques, humiliées, angoissées à l’idée de ne pas assez plaire aux vieillards aux bras desquels elles sont accrochées comme des trophées, ce festival, mais venez-y en jeans troués et en baskets les filles, car c’est votre talent, vos qualités d’artiste qu’il faut y célébrer et non pas faire la course à qui sera la plus à poil, la plus pute !

    Si les manifestations si généreuses, si émouvantes des peuples confinés pouvaient avoir une influence sur le futur de la culture ce serait un beau rêve !

    Pour terminer, je voudrais adresser une parole de compassion aux nombreux malades et à leurs proches, et leur dire que du fin fond de nos maisons ou appartements, enfermés que nous sommes, nous ne cessons de penser à eux et de leur souhaiter de se rétablir. Je ne suis pas croyante, les prières m’ont toujours fait rire, mais voilà que je me prends à prier pour que tous ces gens guérissent. Cette prière ne remplacera jamais les soins de l’hôpital, le dévouement héroïque des soignants et une politique sanitaire digne de ce nom, mais c’est tout ce que je peux faire, alors je le fais, en espérant que les ondes transporteront mon message, nos messages, d’amour et d’espoir à ceux qui en ont besoin.

    Coline Serreau

    • Salut Agathe, non enfin si j’ai encore la ruche mais mes abeilles ont déménagé chez mon voisin lol On a pas eu vraiment le temps de nous en occuper du coup elles sont parties ‘( Comme mon voisin à plusieurs ruches je pense qu’elles sont la bas maintenant! Il ne sait pas trop non plus! Le jour ou je voudrais relancer une ruche il pourra me donner une reine ou essaim, pour le moment trop de chose à faire pour moi'(
      pour ce qui est de Coline Serreau je ne pense malheureusement pas que le monde soit prêt à changer de si tôt.
      On change et innove que sous la contrainte peut être quand tout s’écroulera pour de bon. On verra bien, ce qui est certain c’est qu’il va falloir changer …

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